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Anelka devrait quitter l'équipe de France / DR

Limités face à l’Uruguay, défaits après le Mexique puis grotesques à la Une des médias, les Bleus ont montré un autre visage contre l’Afrique du Sud : celui de la déveine. L’équipe de France a connu hier un match catastrophique, perdu au final 2-1, un score qui ne reflète pas la domination évidente des Bafana Bafana. Bien sûr, l’expulsion grotesque de Gourcuff rappelle cruellement le destin des relégués à qui ne rien ne sourit, entre mauvais choix, absence de réussite et arbitrage défectueux. Évoluer à dix a évidemment contrarié les desseins français, tout comme le manque de vécu commun et de compétition des Squillaci, Cissé, Gignac ou Clichy, alignés hier. Mais Raymond Domenech et ses joueurs ne pourront pas se plaindre : la préparation calamiteuse, si moquée par les différents observateurs de la planète football, semblait augurer d’un tel résultat.

Trois éliminations au premier tour depuis 2002

Pourtant, il semblait difficile de faire pire qu’en 2002, où la France avait perdu deux rencontres, concédé trois buts, sans jamais nettoyer les lucarnes adverses. En huit ans, l’équipe fanion du football hexagonal aura connu trois éliminations au premier tour, mais ce Mondial sud-africain restera, plus que tout autre échec marquant, le symbole d’une faillite fédérale : la Fédération s’est incontestablement trompée en choisissant Raymond Domenech, l’homme de la discorde ; le Catalan s’est, lui, trompé en pratiquant un management conflictuel, alors qu’il aurait été plus habile d’arrondir les angles ; enfin, les joueurs ont trompé leur pays en doublant leurs lacunes sportives d’une arrogance nauséabonde. Il faudra bien du temps pour passer à autre chose et le pays se rappellera, même dans vingt ou trente ans, du comportement grotesque de ces Bleus, sur le terrain et en dehors.

Une nécessaire reconstruction

Mais la violence de l’échec permettra au moins à Laurent Blanc, le prochain sélectionneur, de repartir de zéro. Le chantier s’annonce immense, même si la Maison Bleue a du potentiel. Un potentiel entrevu lors de ce Mondial, notamment chez les -plus ou moins- jeunes : Lloris, Diaby, Toulalan, Malouda ont évolué à leur niveau, même si Diaby n’est pas encore installé dans cette équipe, faute de vécu sous le maillot tricolore. Laurent Blanc devrait pouvoir compter sur eux, en vue du prochain Euro, qui se profile, déjà, à l’horizon 2012. Pour le reste, de nombreux trentenaires risquent de mettre fin à leur carrière internationale : Henry, Govou, Anelka, Gallas, Abidal, pour ne citer qu’eux. Ces « cadres » au leadership surcoté devront être remplacés, mais des joueurs prometteurs frappent à la porte : Rami, Ciani, Trémoulinas, Gameiro, Kaboul, Briand, Cissokho, Corchia… Préparer l’avenir demande du temps, et Laurent Blanc n’y coupera pas : il devra bâtir et faire preuve de cohérence, ce que Domenech n’a jamais fait depuis le début des qualifications pour l’Euro 2008. Dans un premier temps, le sélectionneur cévenol pourra, à sa guise, s’appuyer sur le potentiel intact des Ribéry ou Evra, les meneurs contestés de la fronde après l’exclusion méritée de Nicolas Anelka. Mais il leur demandera, avant tout, une implication de tous les instants, la même grinta qui a tant manqué à ces Bleus durant le Mondial. Aussi, Laurent Blanc devra avant tout rompre les clans qui minent sa sélection : incontestable à Bordeaux, son autorité naturelle devra se confirmer sous le costume de sélectionneur national. En attendant, il lui faudra faire un état des lieux du groupe « France ». A lui de choisir, avec lucidité, les joueurs capables d’évoluer ensemble.

A l’issue du désolant France-Mexique, conclu sur le score de 0-2, les Bleus semblent infiniment plus prêts de l’élimination que d’une qualification. La faute à deux erreurs en défense, fatales conséquences d’une organisation collective défaillante.

Frank Ribéry, préféré à Yohan Gourcuff, est à terre. Il n'a jamais pesé sur le jeu français.

Une phrase, à chaud, semble résumer la « qualité », si l’on peut dire, de la prestation française. Celle de Florent Malouda, un des rares Bleus à aller au pressing ce soir : «Il faut sauver notre honneur parce que c’est honteux de perdre comme ça. Quoi qu’il arrive, on ne peut pas sortir de la compétition sans gagner un match.» S’il n’est pas honteux, en soi, de perdre face à un Mexique solide collectivement, l’équipe de France tend le dos à la vindicte nationale, tant son manque d’implication et de rigueur a sauté aux yeux. Le pressing ? Quasi inexistant. Le bloc équipe ? Poreux à souhait. L’état d’esprit ? Lamentable. Ni les courses nonchalantes d’un crispant Nicolas Anelka, ni le placement aléatoire d’Eric Abidal n’ont permis aux Bleus d’inverser la tendance. Mais faut-il blâmer le seul arrière gauche du FC Barcelone, défaillant sur les deux buts mexicains ? Ce serait injuste. Car personne dans ce groupe n’a semblé capable d’insuffler une grinta à même de combler les manques récurrents de cette équipe bancale depuis la fin de l’Euro 2008.

Privé d’un axe fort, le bateau a fini par sombrer

La coupe du Monde 2006, dont on connaît l’amère issue, avait vu les Bleus monter en puissance et tenir bon en poules le temps d’une rude préparation physique, qui avait fini par porter ses fruits à partir des huitièmes de finale. Contre la Corée du Sud et la Suisse, au delà des approximations arbitrales, les Thuram, Makelele, Vieira, Zidane et Henry avaient guidé le collectif et permis à l’équipe de rester solide, en attendant que les jambes reviennent. Cette solidité, justement, a terriblement manqué contre l’Uruguay et surtout ce soir, contre le Mexique. Raymond Domenech et ses joueurs pourront bien évoquer la situation en altitude du stade de Polokwane (1300m) et soutenir que les Mexicains sont habitués à évoluer dans ces conditions, mais les lacunes tactiques et morales de ce groupe n’ont probablement rien à voir avec l’oxygénation du sang. Décisives ce soir, les deux erreurs de placement d’Eric Abidal étaient malheureusement prévisibles : à Lille, à Lyon comme à Barcelone ou lors de l’Euro 2008, le Guadeloupéen n’a jamais été un stoppeur naturel. Certes sa vitesse est utile pour « rattraper les coups », mais son coup de rein ne peut à lui seul compenser ses sautes de concentration, et son manque d’intelligence situationnelle. Il manque à Abidal, latéral dans l’âme, ce qui faisait la force des Laurent Blanc, Maurice Janvion ou Maxime Bossis : le placement. Son voisin de charnière, William Gallas, aurait pu combler ces manques. Mais il n’a jamais été un leader de défense. D’ailleurs, comme un symbole, l’Antillais a joué ses meilleurs matchs en club comme en sélection, aux côtés de stoppeurs tactiques  comme Ricardo Carvahlo ou John Terry à Chelsea, ou encore Lilian Thuram en équipe de France.

Un manque de repères et d’envie criant

Le maintien de Govou à droite et d’Anelka devant semblent aussi tout contestables, mais Raymond Domenech a surtout eu le tort de balloter son équipe, en changeant d’organisation collective régulièrement. En l’espace d’une petite vingtaine de rencontres, le sélectionneur n’a pas stabilisé son groupe, et ne lui a jamais donné une direction tactique évidente. Aussi, pour comprendre le placement approximatif des Bleus depuis plusieurs rencontres, il faut évoquer la litanie de systèmes expérimentés depuis la fin de l’Euro 2008. Choix premier à l’issue de la compétition continentale, le 442 était bâti pour jouer au ballon, et a vite été supplanté par un 4231 façon Mondial 2006, après l’éclosion du meneur axial « à la Zidane », Yohan Gourcuff. A quelques encablures du Mondial, Raymond Domenech a ensuite tenté d’installer le 433 en raison de la méforme du meneur bordelais. Ce système aperçu en préparation contre le Costa Rica, la Chine ou la Tunisie était assez prometteur offensivement. Mais les Bleus auraient eu besoin d’une dizaine de rencontres pour trouver leurs repères. Laurent Blanc à Bordeaux et Josep Guardiola à Barcelone avaient, eux, choisi de ne pas œuvrer dans la précipitation… Sentant le doute de son groupe, le sélectionneur a bien tenté de revenir à l’organisation des Bleus lors du Mondial 2006, à savoir un bloc solide protégé par deux milieux défensifs dont un relayeur, mais ce système n’a de sens que si l’équipe excelle dans le placement défensif : on ne peut jouer le contre qu’à la faveur d’une organisation axiale irréprochable. Du gardien jusqu’à l’avant-centre. Or, hormis Lloris et Toulalan, tout l’axe de l’équipe a balbutié, d’Anelka à Gallas. Et le replacement dans l’urgence et sur commande des cadres du groupe, de Ribéry à un poste de meneur qui n’est pas le sien, n’a pu tout changer… Une chose est certaine : pour se qualifier, les Bleus devront battre l’Afrique du Sud tout en espérant qu’il y ait un vainqueur entre l’Uruguay et le Mexique. Leur qualification, toujours possible, ne tient plus qu’à un fil. Mais le peuvent-ils vraiment ? Le souhaitent-ils vraiment ?

|Lyon et Lisandro ont été largement dominés / DR

Incapable d’emballer sa demi-finale retour de la Ligue des Champions, l’Olympique Lyonnais a confirmé ses lacunes techniques contre un Bayern Munich de retour au plus haut niveau européen.

Le football de haut niveau se joue sur des détails, et Lyon l’a appris ce soir à ses dépens contre un Bayern Munich expérimenté. Le Graal des Gones, la finale, s’est évanoui dès la 26ème minute, lorsque Olic a profité d’un bon travail du créateur Thomas Müller pour placer l’OL à trois buts de la finale. Le score final de 2-0 (4-0 sur les deux rencontres) semble dur au vu de l’expulsion injustifiée de Cris à la 60ème, mais correspond finalement à l’écart technique et tactique entre les deux équipes. Outre-Rhin comme dans le Rhône, le club bavarois a étalé sa maîtrise tactique, brillamment cornaqué par Louis Van Gaal, l’ancien mentor de José Mourinho au FC Barcelone.

Un Munich caméléon

Comme à ses plus belles heures, le Bayern Munich a donné l’impression de jouer à sa main, et d’adopter à l’aller comme au retour, la tactique adéquate. Plus frais physiquement en Bavière, le club allemand avait su faire tourner le ballon pour épuiser un Olympique Lyonnais fatigué par son match à Bordeaux et un trajet interminable de 1500kms. Au retour, changement habile de cap. Sûrs de leur avance d’un petit but, Van Bommel et ses coéquipiers ont opté d’entrée pour un jeu en contre-attaque, guettant la moindre erreur d’un Lyon qui devait faire le jeu pour entrevoir la finale. Une tactique gagnante, car la défense lyonnaise n’a jamais été à l’abri d’un contre et de la vitesse des Olic, Robben et Müller. Mais limiter le jeu allemand à un catenaccio opportuniste serait réducteur à bien des points, tant ce Bayern, joueur, a su doubler sa rigueur retrouvée d’un bel allant offensif, malgré l’absence de Franck Ribéry, suspendu après son expulsion du match aller.

OL : un milieu un peu court

De son côté, le toujours ambitieux OL gardera un souvenir amer de cette demi-finale, après un parcours aux allures d’épopée marqué par une grande victoire à Liverpool, et surtout, l’élimination du Real Madrid, une première en match aller-retour pour le club français contre un grand d’Europe. Mais les épopées, faites de rêves et parfois de chimères, connaissent trop souvent une fin abrupte comme le Monaco de 2004 contre Porto en finale. Avant le début de la compétition, Jean-Michel Aulas espérait atteindre le dernier carré. C’est chose faite. L’objectif de la saison a été atteint, et Lyon semble avoir repris, à grand pas, sa progression sur la scène européenne, après des éliminations successives en huitième de finale depuis 2007. Pour viser plus haut, Claude Puel et ses joueurs devront garder la même pugnacité, mais la doubler d’une tout autre présence offensive.

L’ombre de Juninho

Trop souvent dans cette compétition, Lisandro Lopez, Michel Bastos ou Miralem Pjanic se sont égarés dans des tâches de l’ombre, faute d’un milieu de terrain plus doué avec le ballon, plus porté vers l’avant. Il manque indéniablement un Gerrard à cette équipe, un Schweinsteiger, un Xavi. Un Juninho aussi, dont le départ n’a pas encore été comblé par l’émergence de Pjanic. Contre Liverpool, le Real Madrid et Bordeaux, la folle combativité lyonnaise, incarnée par Delgado, Toulalan ou Lloris, avait fini par prendre le dessus sur le talent adverse. Au physique, au mental, à la grinta. Ce soir, cela n’a pas suffi face à une équipe allemande décisive dans les deux surfaces, et assez vernie après les deux expulsions très sévères de Toulalan et Cris lors des deux confrontations. Au delà des approximations arbitrales, l’adage est certes daté, mais n’a rien perdu de sa force : les grands clubs ne meurent jamais. Le Bayern, quatre Coupes d’Europe des Champions, une Coupe d’Europe des Coupes et une Coupe UEFA au palmarès, appartient sans doute à cette caste. Il est désormais à 90 minutes d’une cinquième coupe aux grandes oreilles.

Pierre Laurent

Peu convaincante sportivement, sifflée à domicile, l’équipe de France de football est désormais… moquée par une frange grandissante de ses supporters suite à l’affaire de prostitution qui pourrait concerner trois de ses joueurs : Sidney Govou, Franck Ribéry et désormais, Karim Benzema. A l’approche de la coupe du Monde, est-ce un coup dur pour les Bleus ou une occasion de se souder ?

Zahia Dehar, sur Facebook

C’est un buzz dont ils se seraient bien passés. Sur la sellette dans leurs clubs respectifs, Sidney Govou, Franck Ribéry et Karim Benzema font la Une des tabloïds européens pour une supposée affaire de prostitution. Une prostituée de 18 ans, Zahia Dehar,a indiqué avoir eu des relations sexuelles tarifées avec les trois joueurs. Karim Benzema devrait être prochainement auditionné, car il aurait eu des rapports avec la jeune femme alors qu’elle n’avait que 16 ans. Sa situation est la plus inquiétante, la sollicitation de relations sexuelles avec une mineure étant passible de trois ans de prison et de 45.000 euros d’amende. Réseau de prostitution ou non, ce rebondissement pose surtout la question de l’état mental des joueurs français alors que la coupe du Monde approche à grands pas. Face à ce genre de scandales, un  groupe peut avoir deux réactions : soit il explose et toute performance est impossible en Afrique du Sud, soit il se soude comme l’ont fait les Italiens avant le Mondial 2006, après une affaire de matchs truqués concernant entre autres, la Juventus de Turin ou le Milan AC. La réaction du groupe va prendre une grande importance, car le sélectionneur Raymond Domenech ne semble pas en mesure de chapeauter des joueurs qui le contestent, y compris sur la place publique.

Une difficulté à dépasser… ensemble

Quand la Fédération est distante, quand l’entraîneur ne semble plus à la hauteur, les joueurs doivent, seuls, se prendre en main. Dans le domaine sportif, il se dit souvent que les difficultés dévoilent les caractères… quand une équipe en dispose. Dans cette équipe de France, qui semble prêt à ne pas tourner le dos à la tempête ? Les plus expérimentés probablement, comme Thierry Henry ou William Gallas. Dans la génération « intermédiaire » des 23-30 ans, seuls Patrice Evra et Jérémy Toulalan semblent être capables de jouer les paratonnerres : on voit mal les discrets Sagna, Gourcuff  ou Malouda prendre la parole au nom du groupe. L’arme est classique car prendre sur soi pour protéger ses joueurs, d’autres l’ont fait par le passé : Jean-Michel Aulas puis Claude Puel à l’Olympique Lyonnais, Josep Guardiola au FC Barcelone et… le « clan des anciens » avant le Mondial 2006 : Zidane, Thuram, Vieira, Makelele, Sagnol… Ces présences charismatiques avaient permis à d’autres, comme Malouda, Ribéry de s’épanouir et de ne penser qu’au terrain. Les supporters français signeraient bien pour le scénario le plus favorable, mais sur le plan mental, la sélection française semble moins solide que ses devancières pour résister à la vague médiatique…

Pierre Laurent

Deux visages. Ce soir, en huitième de finale retour de la Ligue des Champions, l’OL a alterné le pire et le meilleur contre le Real Madrid mais l’essentiel est acquis : Lyon sera à nouveau en quart de finale de la compétition après quatre années d’insuccès précoces contre l’As Rome, Manchester ou le FC Barcelone. Et cette qualification est incontestablement méritée.

Ronaldo, le Madrilène le plus dangereux / Reuters

L’année dernière à Barcelone (2-5), l’OL avait encaissé un but d’entrée et ne s’en était jamais remis, tiraillé entre l’envie de repartir de l’avant et la crainte des rapides contre-attaques adverses. Un danger équivalent se devinait mercredi soir d’autant que Lyon pouvait vouloir se reposer sur le maigre matelas du match aller, remporté 1-0. Et le scénario attendu se confirmait : Madrid mordait dans chaque ballon avec hargne et faisait reculer des Gones, battus dans les duels et évoluant bas, trop bas. A ce rythme, Lyon céda rapidement sur un but de Ronaldo, et faillit encaisser un deuxième but espagnol sur une frappe ou une tête d’Higuain, et semblait bien plus proche de l’élimination que des cages d’un Iker Casillas au chômage forcé.

Mais Madrid, ultra-dominateur, n’a pas su tuer le match, faute de réussite, faute aussi d’une certaine nonchalance à l’approche des buts d’Hugo Lloris. A 1-0 à la mi-temps, Lyon n’était pas éliminé et conservait toutes ses chances à condition de tenir la balle, de ne pas subir et de « tester » la défense espagnole, jamais prise en défaut jusque là.

Un scénario catastrophe à la mi-temps

A la reprise, la suite de la rencontre s’annonçait compliquée avec les sorties sur blessure de Makoun et Boumsong, remplacés par un Kim Kallström en manque de confiance depuis un moment et un Gonalons a priori un peu vert. Mais comme à Liverpool, les deux joueurs ont comblé à merveille les lacunes du bloc équipe, trop prudent jusque là. Gonalons, bien en jambes et agressif, a fait mieux que le Camerounais dans le jeu. Mieux encore, l’international suédois a su se muer en premier relanceur et organiser le jeu, alors que Pjanic semblait particulièrement inhibé. Plus solides derrière avec l’entrée en jeu de Toulalan, les Lyonnais ont surtout réussi à accompagner leurs attaquants avec un Pjanic évoluant plus haut, et donc plus dans son registre. En quelques minutes, dominé dans les duels et poreux au milieu, le Real Madrid est retombé dans ses torts, ceux d’une équipe au potentiel offensif effarant, mais au collectif d’argile…

L’OL a changé le cours du match

Les visiteurs, dominés lors des quarante-cinq premières minutes, semblaient avoir trouvé la clé du jeu madrilène. Après plusieurs tentatives avortées de peu -Delgado de la tête à la 49ème, Lisandro du coup du pied à la 55ème-, l’OL égalisa par Pjanic au terme d’une action collective bien huilée. A 1-1, en vertu du but inscrit à l’extérieur, Madrid allait devoir marquer au moins deux fois pour se qualifier. Mais ni Ronaldo, Kaka, Van der Vaart ou Higuain n’ont su s’extraire de l’efficace toile d’araignée lyonnaise. Le score aurait même pu enfler en fin de match, si Lisandro puis Delgado avaient cadré leurs tentatives… Lyon, souvent critiqué depuis le début de saison, voire moqué pour ses difficultés à battre un « grand d’Europe » en match aller-retour, tient son exploit. Moins brillants que la bande à Essien, Diarra ou Juninho, ces Gones étonnent par leur capacité à bien finir les matchs. Et leur domination tactique sur les 180 minutes est prometteuse.

Pierre Laurent

Selon Nadine Debois, docteur en STAPS, la tendance des sportifs français à briller par équipes et à décevoir en individuel serait liée à certains ressorts psychologiques, sociaux et techniques.

Boris Sanson, Vincent Anstett, Julien Pillet et Nicolas Lopez

Lors des JO de Vancouver, Sandrine Bailly a fait un relais exceptionnel, alors que ses résultats individuels ont été décevants. D’autres Bleus, par le passé, ont connu le même genre de fortune… Est-ce une tendance française ?

Cela ne concerne pas seulement les sportifs français, même si le phénomène est récurrent ici. Le tout est lié à la personnalité des sportifs. En effet, le psychologique peut prendre le dessus sur la performance individuelle, en particulier lors de grands événements comme les JO ou d’autres compétitions internationales. Psychologiquement, le sportif fait la balance entre la difficulté qui se profile, et les ressources dont il pense disposer. A titre individuel, l’athlète blessé peut ainsi se sentir menacé quand il n’est pas au top de sa forme. Par équipes, le même athlète peut percevoir cette difficulté comme un challenge car il veut participer à une œuvre collective et ne pas décevoir ses coéquipiers : l’enjeu étant partagé, la pression est partagée et chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Accorde-t-on en France plus d’importance aux épreuves par équipes qu’à l’étranger ?

Probablement. En athlétisme, par exemple, les Français ont toujours préparé en groupes et en pôles les échéances à venir. Le grand relais titulaire du record du monde Sangouma, Marie-Rose, Trouabal et Morinière se connaissait par cœur, avec les avantages techniques et mentaux que cela comporte. Les relais américains fonctionnent différemment : les quatre premiers des championnats nationaux sont sélectionnés, et ne commencent à travailler ensemble que peu de temps avant le début des compétitions internationales. En 2003,  lors du 4 x 100 m, quand Christine Arron rattrape puis double Torri Edwards, pourtant vice-championne du monde, cela est dû autant à son relâchement qu’à un avantage technique, dû au travail consacré au passage de relais.

Au quotidien, l’éducation sportive française insiste-elle particulièrement sur la notion de collectif ?

Le principe même d’Insep, de pôles et de rassemblements favorise le travail de groupe. Les athlètes, globalement, se retrouvent dans le collectif et ont l’impression de participer à une construction. D’un point de vue éducatif, cela permet d’éviter les comparaisons sociales ou statistiques, fortement marquées par les égocentrismes… D’ailleurs, et cela n’est pas un hasard, les relais français ont commencé à décliner quand nos athlètes ont commencé à privilégier les entraînements plus individualisés.

Propos recueillis par Pierre Laurent

Amorphe et besogneux en ligue 1, l’Olympique Lyonnais a enfin montré son meilleur visage en Ligue des Champions, à l’occasion de sa victoire 1-0 en huitième de finale aller contre le Real Madrid. Il faudra confirmer au stade Santiago Bernabeu le 10 mars car les stars merengue auront à cœur de se reprendre. Les Gones peuvent-ils le faire ? Analyse.

Le but victorieux de Makoun – Philippe Merle/AFP/Getty Images

Ils voulaient faire bloc, défendre en équipe et attaquer à 11. Mission réussie. Comme à ses plus belles heures, Lyon a retrouvé sa verve collective au bon moment en s’imposant logiquement 1-0 contre un Real Madrid sans génie, laxiste et au jeu trop axial. Pourtant, depuis de longs mois, le septuple champion de France semblait plafonner en championnat, à l’exception d’une brillante deuxième mi-temps à Lorient. Ses maux récurrents ? Une incapacité à être compact, et un certain déficit technique. Pire, Lyon affichait le visage d’une équipe coupée en deux, en ligue 1 comme en coupes nationales : l’axe Cris – Boumsong, pataud, et le milieu, sans repères, n’accompagnaient pas assez les joueurs offensifs, devenus esseulés.

Indispensables

Ce mardi, le temps d’un match, l’équipe de Claude Puel a retrouvé un certain liant collectif, devant comme derrière. Le seul retour de Jérémy Toulalan au poste de milieu défensif, pas encore au top de sa forme, ne peut suffire à expliquer la métamorphose. Bien sûr, l’ancien Nantais a récupéré de nombreux ballons et a su canaliser la fougue de Ronaldo et Kaka, d’ailleurs passé à gauche en deuxième mi-temps. Mais surtout, Lyon a su redonner sa chance à Govou et Delgado, feux follets en attaque et chiens de garde en défense. En défense, les deux milieux ont bien bloqué les couloirs, contraignant le Real à passer dans l’axe, là où Kaka, Ronaldo et Higuain se sont marchés sur les pieds. Mieux, en attaque, les deux revenants ont su jouer entre les lignes et tenir intelligemment le ballon.

Vital en Ligue des Champions. Car tout entraîneur le dira : la réussite d’une équipe dépend de sa capacité à maîtriser le rythme d’une partie. Ainsi, bien défendre est important mais conserver le ballon à sa récupération est essentiel pour se protéger de l’équipe adverse. A vite perdre le ballon, le Lyon niveau ligue1 aurait fini par plier face aux accélérations désordonnées mais dangereuses des attaquants madrilènes. Ce soir, l’OL a su ne pas le rendre trop vite  et  jouer intelligemment dans les espaces, grâce à une grande disponibilité de ses attaquants. Derrière cette mobilité retrouvée se dessine peut-être aussi une certaine montée en puissance physique, après un hiver très éprouvant… Mais il faudra se méfier du Real Madrid au retour.

Ils ne pourront pas faire pire

En effet, le club merengue a livré ce soir une prestation très décevante et voudra se rattraper devant le public de Santiago Bernabeu, d’autant plus exigeant que le recrutement a été royal l’été dernier. Fébriles derrière, poreux au milieu et suffisants devant, les Madrilènes n’ont pas su enfiler le bleu de chauffe, même lorsqu’ils ont compris que la vista de Ronaldo, Kaka et Higuain ne suffirait pas. Pire, les joueurs de Manuel Pellegrini ont toujours semblé plus proches du 0-2 que du 1-1, faute de patience dans la construction et d’un replacement défensif efficace… Seule la fin de match pourra leur laisser des regrets. La fatigue aidant, les vives accélérations de Kaka sur l’aile gauche ont parfois mis en difficulté Réveillère et montré que le jeu espagnol gagnerait à être moins axial. Sur sa large pelouse de Bernabeu, le Real Madrid verra là des raisons de varier son jeu et d’espérer, mais cela pourrait ouvrir des espaces à Lisandro, Govou et Delgado, assez tranchants ce soir. Or, tout but lyonnais au retour obligerait Madrid à marquer trois fois pour se qualifier… De quoi aborder le match retour avec optimisme, à condition de jouer sans le frein à main.

Pierre Minacz

Le gardien du PSG s’est fracturé la cheville gauche lors de la rencontre opposant le club de la capitale à Auxerre (victoire de Paris 1 à 0). Opéré samedi soir, l’ex-international de 36 ans est indisponible pour au moins 3 mois. De là à tirer sa révérence ?

Grégory Coupet, à terre / Le Post / DR

83ème minute. Une balle anodine consécutive à une attaque auxeroise semble filer en corner. Volontaire, le gardien parisien Grégory Coupet tente de dégager le ballon avant qu’il ne franchisse la ligne. Au sprint. En bout de course, il va au bout de son action et tacle. Mais pris dans son élan, l’ancien  joueur de l’OL ne peut rien faire quand son pied gauche se coince dans la pelouse. En porte-à-faux, sa cheville lâche et se brise. Coupet, pourtant dur au mal, se tord de douleur. Placé sur un brancard, il est immédiatement remplacé par son second, l’Arménien Apoula Edel, déjà aperçu en coupe nationales. Dimanche, le PSG communiquera dimanche sur la durée de l’indisponibilité de son joueur, mais la nature de la blessure laisse penser qu’il pourrait ne plus fouler une pelouse d’ici à la fin de la saison.

Un leader respecté

Le coup est dur pour le club de la capitale, qui comptait beaucoup sur l’expérience de l’ex-international. Solide sur le terrain, Grégory Coupet s’était naturellement imposé comme un leader de vestiaire lors de son arrivée l’été dernier après une saison quasi-blanche à l’Athlético Madrid. Mais son remplaçant, Edel, a déjà montré en coupes nationales que l’on pouvait compter sur lui. Âgé de 23 ans, il aura tout à prouver et ne pourra plus se retrancher dans l’ombre du titulaire. A lui de s’imposer… ou de composer avec une recrue lors du prochain Mercato hivernal, s’il ne donnait pas satisfaction à l’entraîneur, Antoine Kombouaré.

Il devra cravacher pour revenir

De son côté, Grégory Coupet devra se remettre de sa blessure et une fois guéri, travailler dur pour retrouver son meilleur niveau. Cette situation ne lui est d’ailleurs pas étrangère. En août 2007, alors qu’il évoluait à Lyon, le gardien avait été victime d’une rupture des ligaments croisés à un genou. A force d’acharnement, il avait repris sa place dans l’effectif lyonnais, après de nombreuses complications. Mais son retour dans les cages rhodaniennes fut assez poussif. Et son Euro 2008 décevant, à la suite de cette préparation dans l’urgence. De l’aveu de certains observateurs, Grégory Coupet n’a jamais retrouvé son niveau de 2006, lorsqu’il postulait ouvertement à une place de titulaire en équipe de France en vue du Mondial allemand.

Une question de motivation

La blessure de Coupet inquiète mais son retour dépendra essentiellement de sa capacité à travailler dur. En effet, plus le temps passe, plus il est difficile pour un sportif de haut niveau de retrouver son niveau. Avec l’immobilisation d’une jambe, la fonte musculaire est conséquente et il faut du temps pour retrouver endurance, force et explosivité. Et cette durée de reprise a tendance à s’allonger, à mesure que le sportif prend de l’âge. Ainsi, par le passé, de nombreux sportifs ont perdu patience devant l’ampleur de la tâche ou la peur de ne plus prétendre à leur niveau passé. Ce fut notamment le cas du skieur Jean-Luc Crétier, ancien champion olympique de descente à Nagano, en 1998.

La peur de ne plus être au niveau

Mais à l’inverse, l’Autrichien Hermann Maier sut dépasser sa chute en moto de 2001, pour ensuite finir second en 2003 du super-G des championnats du monde de Saint-Moritz ou encore remporter la Coupe du monde en 2004. Certes, Grégory Coupet ne manque pas de caractère mais il devra avoir la certitude de retrouver ses sensations. Et une forme suffisante pour jouer en Ligue 1. En effet, le natif du Puy-en-Velay, septuple champion de France, n’accepterait pas d’afficher un niveau indigne de son palmarès. A quelques semaines de ses 37 ans, il pourrait donc, comme d’autres avant lui, se retirer. Pour éviter la saison de trop.

Pierre Laurent

Gallas recadrant la défense des Bleus : une image récurrente
L’équipe / DR

Le buzz a beau faire rage mais la polémique liée à la main de Thierry Henry n’y changera rien. La Fifa ne fera pas rejouer le match de barrage France-Irlande. Aussi, il est temps de se tourner vers la Coupe du monde à venir, malgré la légitime déception des Irlandais. Le Mondial couronnera t-il une équipe joueuse comme l’Espagne, grande favorite ? Ou verra t-il, à contre-courant, le sacre d’une équipe physique comme l’Angleterre portée par des joueurs à maturité, comme Steven Gerrard, Frank Lampard, Wayne Rooney ou le méconnu Gareth Barry ? Et les Bleus seront-ils en mode « 2002 » ou « 1998 » ? Après la Berezina collective de mercredi, quel 11 Domenech va t-il installer pour jouer la gagne ?

Objectivement, le brouillon de jeu produit mercredi dernier a dû sévèrement vous inquiéter. Hormis Hugo Lloris, impérial dans ses cages, toutes les lignes ont flotté. Certes, la défense n’a pris qu’un but, mais le nombre d’occasions qu’a concédé l’équipe de France m’inquiète sévèrement. Robbie Keane, Damien Duff et consorts sont de très bon footballeurs, mais le backfour français -Sagna, Gallas, Abidal, Evra- n’a jamais donné autant de signes de fébrilité en match international. Que vaudra t-il face à des buteurs patentés comme Fernando Torres ou Cristiano Ronaldo ? Je le crains fort, mais l’équipe de France ne pourra faire un bon parcours en Afrique du Sud qu’à la faveur d’une défense retrouvée. Il ne faut pas se leurrer, mais les brillantes victoires de 1984, 1998 ou 2000 devaient autant au talent de génies offensifs comme Platini ou Zidane qu’à un bloc équipe conséquent. Marius Trésor, Gérard Janvion, Patrick Battiston, Maxime Bossis ou encore Manuel Amoros étaient de redoutables porteurs d’eau. La même eau que les talents de « devant », par exemple Dominique Rocheteau ou Didier Six, transformaient en Pétrus. Plus récemment, et tout le monde s’en souvient, Thuram, Blanc, Desailly et Lizarazu ont été des acteurs majeurs des sacres en coupe du Monde et à l’Euro. La statistique est révélatrice : jamais les Bleus n’ont perdu en match officiel quand ces quatre piliers jouaient ensemble. Sans entrer dans les comparaisons douteuses, Sagna, Gallas, Abidal et Evra, la défense titulaire dans l’esprit du sélectionneur Raymond Domenech, seront-ils à la hauteur du Mondial qui approche ? Individuellement, je suis confiant. Mais collectivement, le doute m’assaille.

Le problème de l’animation

Tout technicien digne de ce nom vous le répètera -Domenech en tête-, l’animation d’une équipe est essentielle. Concrètement, une défense ne s’arrête pas à quatre joueurs et à leur niveau intrinsèque. L’affaire est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Forte de ses automatismes, c’est en s’appuyant sur son vécu collectif et un recrutement intelligent que l’As Nancy-Lorraine, solide mais sans génie, a pu finir quatrième du championnat de France il y a deux saisons. A un autre niveau, des équipes plus renommées ont fait de l’intelligence collective leur fonds de commerce. Ainsi, la Juventus de Turin a souvent remporté des coups d’Europe en pratiquant un jeu soporifique, sans avoir chaque saison des buteurs du talent de Del Piero, Trezeguet ou Paolo Rossi. Idem pour le Bayern Munich, capable de remporter la Ligue des Champions en alignant des joueurs physiques mais peu créatifs comme Carsten Jancker, Stefan Effenberg ou Thomas Linke. Leur savoir-faire n’était pas spectaculaire, était indigne d’un travail d’orfèvre regretteront les puristes. Mais ces joueurs accrocheurs gagnaient, en allant au bout de leur démarche. De ce point de vue, les Bleus m’inquiètent, d’autant que le vide crée par les départs de Sagnol, Thuram et Makelele est immense. Le latéral gauche reconverti défenseur central, Eric Abidal, est un superbe athlète mais son mental parfois défaillant et ses absences  ne sont pas de nature à rassurer une défense en manque de certitudes. Exilé sur son aile, les inconstances du joueur étaient gênantes. Dans l’axe, au plus haut niveau, elles sont fatales. Cependant, Domenech a l’embarras du choix en attaque et au milieu. Et cette palette, qui ferait le bonheur d’un Arsène Wenger ou d’un Laurent Blanc, semble l’embarrasser.

Ne pas étouffer Gourcuff, la solution ?

Le sélectionneur n’a jamais rassuré ses joueurs en les fixant dans un système de jeu établi. Il a bien tenté l’expérience du 442 mais l’éclosion de Yoann Gourcuff l’a convaincu de revenir au 4231, un système qui a fait ses preuves en 2006. Le choix n’est pas illogique, car le Breton n’est pas un joueur de débordement et tient plus du meneur de jeu que d’un 8  façon Emmanuel Petit. En clair, un schéma se dessine : deux milieux défensifs pour le travail de l’ombre et un 10 pour organiser le jeu. L’idée est convaincante, à condition de l’assumer et de laisser les clés du camion au meneur affiché de l’équipe. Car malgré ses 23 printemps, Gourcuff sait prendre ses responsabilités. Il l’a prouvé à plusieurs reprises au Milan AC et l’année dernière sous le maillot des Girondins de Bordeaux, en championnat comme en Ligue des champions. Et faire confiance à un meneur, c’est lui permettre de bouger à droite, à gauche, de venir chercher le ballon plus bas. Architectes du jeu, ces joueurs instinctivement réfléchis ont besoin de liberté et de confiance pour influer sur le tempo de leur équipe. De ce point de vue, les titularisations d’Henry à gauche et d’Anelka à droite sont de fausses bonnes idées. Attaquants physiques, joueurs complets, ces buteurs renommés ont évolué mercredi en « faux ailiers », qui se recentrent pour organiser le jeu. L’idée séduisait sur le papier mais s’est avérée catastrophique en pratique.  En effet, à trop quitter sa zone, Anelka a constamment marché sur les plate-bandes de Gourcuff, peut-être inhibé par le charisme de son aîné. Le déséquilibre s’est ensuite répandu à toute l’équipe, car en décrochant régulièrement, Anelka a peu bloqué le couloir gauche irlandais. C’est d’ailleurs de ce côté que l’Irlande a construit le but de Keane, sur un bon appel de Duff dans le dos de l’arrière droit Bakary Sagna, trop isolé. Tout sauf un hasard. Sur l’autre aile, même constat. Henry, dont le pied gauche reste une énigme, s’est souvent empalé dans l’axe, alors qu’il « mange la craie » sous le maillot du FC Barcelone. Au final, ce maelström tactique a conduit l’équipe à insister dans l’axe, à se faire aspirer et à s’exposer aux vifs contres irlandais. Sans conséquence mercredi, mais au Mondial, la chance risque de quitter l’équipe de France en cours de route si elle ne change pas d’approche.

L’éternel retour des anciens

Malheureusement, contrairement à 2006, il n’y aura pas de Thuram, de Makelele ou de Zidane pour prendre les rênes de l’équipe. Aucun Messie à l’horizon. Bien sûr, le retour de Franck Ribéry est vivement attendu mais le joueur du Bayern Munich ne changera pas tout. De son côté, Raymond Domenech se retranche derrière ses arguments favoris : « l’équipe s’est qualifiée donc restons sereins » et son horripilant « l’animation compte plus que le système ». En attendant, faute de s’être rassurés, ces Bleus devront retrouver un jeu plus abouti sur les ailes car Anelka et Henry n’y sont pas à leur place. Les deux compagnons de chambrée à Clairefontaine gagneraient à rejoindre leur terrain de jeu favori, l’axe de l’attaque, où leur leadership naturel permettrait à  André-Pierre Gignac ou Karim Benzema de rester « au chaud », avant d’entrer comme jokers sur une défense usée. Autre avantage, Ribéry, Malouda et Govou pourraient regagner les ailes, en vrais latéraux de carrière. Logiquement, le bloc retrouverait une stabilité conséquente aux quatre coins du terrain, la clé de voûte du système de l’équipe de France en 2006. Et la raison principale de son échec lors du dernier Euro.