Archives de la catégorie ‘Uncategorized’

La main tendue / Daily Mirror

Le sujet -je dirais même le buzz-a été largement surexploité, mais peu importe. Fabio Cannavaro, le défenseur international italien, me fera toujours bien rire. Jaune. Ce grand styliste du football mondial, chantre du découpage de tibias et de l’injection de produits suspects dans les vestiaires, nous donne encore un superbe exemple de mauvaise foi. Le natif de Naples vient de qualifier la main de Thierry Henry contre l’Irlande de « geste honteux ». On ne demandera pas à Cannavaro d’être futé ou objectif, mais le joueur me semble très mal placé pour juger l’erreur de l’attaquant de l’équipe de France. Joueur physique mais truqueur, le défenseur de la Juventus de Turin est connu pour ses coups bas et ses tentatives d’intimidation. Il avait, entre autres, volontairement assommé… Henry lors des premières minutes de la finale du Mondial 2006. Ce jour là, l’arbitre tournait le dos à l’action. Cannavaro s’est-il dénoncé ? Non. Car il est un tricheur patenté, habitué à agir dans le dos de l’arbitre. Un orfèvre de l’arnaque footballistique dans un pays où la dissimulation des fautes et la comédie sur herbe fait partie du jeu voire de la formation sportive. Non Cannavaro, tu n’auras jamais la classe de Maldini, bien que tu aies égalé récemment son nombre de sélections en équipe d’Italie. Et tu ne lui arriveras jamais à la cheville. Sauf pour la lui casser, si tu vises bien.

Quant à la Mannschaft, le débat est différent. Là, c’est un journaliste du quotidien Die Zeit, qui fait preuve d’une mémoire sélective hallucinante. En effet, Steffan Dobbert, n’arrive pas à concevoir qu’un de ses compatriotes puisse avoir la même réaction que les Français. « Impossible d’accepter qu’un joueur de la Mannschaft puisse avoir ce comportement et tricher ainsi. » Le coup de balai historique était facile, je regrette qu’il y ait cédé. L’équipe d’Allemagne, comme la Squadra Azzura, a connu de bien beaux footballeurs. Le débat n’est pas là. Mais sur le terrain du vice, elle n’a de leçons à donner à personne ! Rudi Voller, ancien attaquant de l’OM et international allemand, partageait avec Pippo Inzaghi la même tendance à crouler dans la surface adverse. Cela dit, le football d’Outre-Rhin n’a jamais été un refuge de simulateurs. Plutôt de joueurs brutaux, tacleurs fous, à l’engagement franc mais franchement dangereux. Demandez donc à Lilian Laslandes ou Pascal Vahirua ce qu’ils pensent des interventions défensives de Thomas Reuter ou Jurgen Kohler, les deux rugueux -doux euphémisme- défenseurs du Borussia Dortmund… Plus grave et plus symbolique, l’agression du gardien de la RFA Harald Schumacher sur le Français Patrick Battiston en demi-finale du Mondial 1982. Le geste était horrible, quasi léthal (certains ont craint pour la vie du Bleu), et parfaitement assumé. A la triche s’ajoutait une volonté manifeste de briser l’adversaire. Je vous en laisse juge :

Très surprenant, mais l’arbitre n’avait rien vu à l’époque. Et aucun joueur de la RFA ne s’était manifesté pour sanctionner Schumacher… Au final, pour la faute de Cannavaro en 2006, comme pour celle de Schumacher en 1982, les enjeux sportifs étaient bien plus élevés que lors de France-Irlande. Cette fois, il s’agissait non pas de se qualifier mais de gagner la Coupe du Monde ! Donc ne mettons pas, comme certains internautes, la main d’Henry dans le même panier que des gestes défendus, violents mais eux, bien masqués… Fin du buzz !

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Le squat et sa façade délabrée / Blablablog DR

Le 26 avril 2008, un homme meurt dans l’incendie d’un squat, à Saint-Denis. Un an plus tard, 185 personnes y vivent encore dans des conditions épouvantables.

La moisissure ronge les murs de cette bâtisse à l’isolation précaire de la rue Charles-Michel, à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris. Sur la façade, dans la cour ou sur les compteurs EDF, les fils électriques baignent dans l’humidité qui suinte jusqu’à l’intérieur des appartements. Ici, chaque résident sait qu’un accident est possible. « Cinq incendies ont eu lieu ici depuis mon arrivée en 2002. Et l’année dernière, ça a tourné au drame », raconte Nouvo Meité, l’un de représentants des habitants. Asphyxié par les fumées et coincé dans son appartement, Koné Bemba est mort intoxiqué. Il devait se marier le lendemain. A l’époque, le drame provoque la réaction des services de la Ville et de l’Etat. Un mois plus tard, le maire de Saint-Denis, Didier Paillard (PCF), demande l’évacuation de l’immeuble, la régularisation des sans papiers et le relogement des résidents.

A ces promesses s’ajoute un accord entre les délégués des résidents, l’Etat, la Ville et le conseil général, le 27 mai 2008. La préfecture assure que personne ne sera expulsé en cas de refus de régularisation. Les sinistrés doivent être relogés à proximité dans une résidence ADOMA (ex-Sonacotra) en cours d’achèvement.

Un an plus tard, le bilan est contrasté. Les habitants de l’aile sinistrée (105 habitants) ont pu quitter les lieux, mais seuls 70 des 140 sans papiers ont été régularisés. Or, sans nationalité française, impossible de rejoindre un foyer social. 21 régularisés vivent encore à l’hôtel, faute de places disponibles. Restent 185 personnes dans l’immeuble, tou-jours en proie aux infiltrations d’eau et aux risques de court-circuits.

« Lorsqu’il y a un début d’incendie, nous arrivons souvent à l’éteindre. Mais le feu risque, un jour ou l’autre, de nous déborder… » s’inquiète Edouard Traoré, délégué des habitants et électricien. Selon lui, l’arrivée en janvier dernier du nouveau préfet, Nacer Meddah (UMP), n’a rien arrangé. « Tous nos courriers ou appels téléphoniques sont restés sans réponse. Au moins, son prédécesseur venait nous rencontrer sur le terrain », regrette-t-il.

Jointe au téléphone, la mairie partage le point de vue pessimiste des résidents: « Depuis l’arrivée de Nacer Meddah, Nous n’avons jamais eu de nouvelles et de réponses à nos courriers. Je crois qu’il nous voit de loin », ironise Juliette Seydi, chargée de mission à la mairie de Saint-Denis. Mince espoir, mercredi 27 mai, le sous-préfet, Olivier Dubaut, a rencontré les habitants du squat. Il projette aussi de « faire le lien » entre le squat et la préfecture. Nouvo Meité veut y croire. Il espère une rencontre dans les deux prochaines semaines.

Pierre Laurent

Le défi du regard / Pierre Laurent, L'Express / DR

Le mouvement de blocage des prisons,entamé lundi,a été marqué dans certaines prisons par des interventions des forces de l’ordre pour dégager les manifestants. Illustrations à la prison de Fleury-Mérogis, où s’est rendu LEXPRESS.fr.

La situation dans cette maison d’arrêt de l’Essonne illustre les tensions actuelles dans les prisons françaises. Reportage.

Deux barricades – dont une enflammée – coupent l’accès à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). D’un côté, une centaine de surveillants en colère. De l’autre, les forces de l’ordre. Stoïques, les CRS et gendarmes mobiles finissent par avancer pour faire reculer les manifestants. La sous-préfecture leur a donné l’ordre de faire évacuer les lieux. Trente minutes et quelques échanges rugueux plus tard, les surveillants sont dispersés, leurs barricades renversées, un cordon d’une trentaine d’hommes a pris position près de l’entrée de la prison. Il est 8h40, ce mardi matin, le blocage matinal s’achève, mais sans doute pas le mouvement de colère des surveillants de « Fleury ». Il n’est pas question, pour eux, de céder avant d’avoir obtenu des « avancées » dans leurs revendications.

Fleury Mérogis, un symbole

A l’heure où la grogne s’installe dans les prisons de France, le plus grand établissement d’Europe (3700 détenus pour 2855 places), fait figure un symbole. Un symbole propice à la mobilisation du personnel, très mécontent de ces conditions de travail. « Tout ceci, c’est pas pour le plaisir. L’évolution de la situation dépend de la négociation entre les syndicats et Rachida Dati. Mais s’il faut continuer, on le fera » prévient Marcel Duredon, l’imposant secrétaire local Force Ouvrière.

La réforme de la loi pénitentiaire prévoit notamment des créations de postes, la construction de trois nouveaux établissements à Nantes, Lille et Réau, l’augmentation de l’indemnité de surveillance des gardiens. Mais pour Tony, la trentaine athlétique, c’est « insuffisant ». Surtout pour résoudre un problème essentiel à ses yeux: l’insécurité à Fleury-Mérogis. La faute, selon lui, à un « manque de fermeté » vis à vis des détenus coupables d’agressions contre des surveillants. Tony dénonce même des « pressions en interne », en cas de recours en justice. Son collègue Julien, les yeux rougis, confirme ainsi avoir « laissé tomber » après avoir reçu un coup de coude en plein visage. « J’ai subi des pressions en interne… Le lieutenant m’a demandé plusieurs fois si je « voulais vraiment porter plainte». Le surveillant dénonce aussi la « longueur des procédures », « parfois 10 mois pour un coup de cutter , 3 pour être convoqué, 7 pour aller au tribunal ». La directrice-adjointe de la maison d’arrêt, Christelle Rotach, affirme veiller à ce que les motifs de plaintes soient « justifiés », et assure ne pas « chercher à dissimuler » de tels faits. L’explication ne convainc pas Marcel Duredon (FO). « Il faut revoir les organigrammes, estime-t-il. Par carriérisme, certains officiers ne veulent pas faire de vagues. Heureusement, d’autres font bien leur boulot. ».

Un manque d’effectif problématique

Pour Tony, l’insuffisance des effectifs est un autre motif de colère. « Les effectifs sont réduits, on bosse 40 ou 45 heures par semaine. Par exemple, les secrétaires doivent écouter les appels des détenus, en plus de leurs tâches. Souvent 4 ou 5 conversations à la fois, parfois dans des langues étrangères. Nous sommes débordés par le nombre d’appels » L’un de ses collègues, un grand blond aux traits juvéniles, voit là u risque de fuites dans des affaires en cours d’instruction : « Autoriser les détenus à appeler, pas de problème. Mais à cause de la surpopulation, les détenus vivent souvent avec des prévenus, qui, eux, n’ont pas le droit d’appeler, pour ne pas nuire à l’enquête en cours. Dans ces conditions, il y a bien sûr un risque de fuites ». Selon la direction de l’établissement, ces allégations sont « fausses ». Christelle Rotach reconnaît certes que le dispositif sur les appels téléphoniques est « en cours d’installation », mais elle assure que les « dernières difficultés vont être réglées ». A 17 heures, la négociation entre les représentants nationaux des syndicats et la garde des Sceaux Rachida Dati n’avait débouché sur aucun accord. Selon Christophe Marquès (FO), les débats risquaient de se poursuivre en soirée.

Pierre Laurent

First blood

Publié: 20 novembre 2009 dans Uncategorized

Bonjour,

Voici donc les premières lignes de ce blog. Régulièrement, vous pourrez débattre et réagir à mes différents posts. Billets d’humeur, éditoriaux, articles, parutions passées, alimenteront le blog qui, je l’espère, servira de base à des débats intéressants, passionnés et profonds.

Bien à vous,

Pierre Laurent