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|Lyon et Lisandro ont été largement dominés / DR

Incapable d’emballer sa demi-finale retour de la Ligue des Champions, l’Olympique Lyonnais a confirmé ses lacunes techniques contre un Bayern Munich de retour au plus haut niveau européen.

Le football de haut niveau se joue sur des détails, et Lyon l’a appris ce soir à ses dépens contre un Bayern Munich expérimenté. Le Graal des Gones, la finale, s’est évanoui dès la 26ème minute, lorsque Olic a profité d’un bon travail du créateur Thomas Müller pour placer l’OL à trois buts de la finale. Le score final de 2-0 (4-0 sur les deux rencontres) semble dur au vu de l’expulsion injustifiée de Cris à la 60ème, mais correspond finalement à l’écart technique et tactique entre les deux équipes. Outre-Rhin comme dans le Rhône, le club bavarois a étalé sa maîtrise tactique, brillamment cornaqué par Louis Van Gaal, l’ancien mentor de José Mourinho au FC Barcelone.

Un Munich caméléon

Comme à ses plus belles heures, le Bayern Munich a donné l’impression de jouer à sa main, et d’adopter à l’aller comme au retour, la tactique adéquate. Plus frais physiquement en Bavière, le club allemand avait su faire tourner le ballon pour épuiser un Olympique Lyonnais fatigué par son match à Bordeaux et un trajet interminable de 1500kms. Au retour, changement habile de cap. Sûrs de leur avance d’un petit but, Van Bommel et ses coéquipiers ont opté d’entrée pour un jeu en contre-attaque, guettant la moindre erreur d’un Lyon qui devait faire le jeu pour entrevoir la finale. Une tactique gagnante, car la défense lyonnaise n’a jamais été à l’abri d’un contre et de la vitesse des Olic, Robben et Müller. Mais limiter le jeu allemand à un catenaccio opportuniste serait réducteur à bien des points, tant ce Bayern, joueur, a su doubler sa rigueur retrouvée d’un bel allant offensif, malgré l’absence de Franck Ribéry, suspendu après son expulsion du match aller.

OL : un milieu un peu court

De son côté, le toujours ambitieux OL gardera un souvenir amer de cette demi-finale, après un parcours aux allures d’épopée marqué par une grande victoire à Liverpool, et surtout, l’élimination du Real Madrid, une première en match aller-retour pour le club français contre un grand d’Europe. Mais les épopées, faites de rêves et parfois de chimères, connaissent trop souvent une fin abrupte comme le Monaco de 2004 contre Porto en finale. Avant le début de la compétition, Jean-Michel Aulas espérait atteindre le dernier carré. C’est chose faite. L’objectif de la saison a été atteint, et Lyon semble avoir repris, à grand pas, sa progression sur la scène européenne, après des éliminations successives en huitième de finale depuis 2007. Pour viser plus haut, Claude Puel et ses joueurs devront garder la même pugnacité, mais la doubler d’une tout autre présence offensive.

L’ombre de Juninho

Trop souvent dans cette compétition, Lisandro Lopez, Michel Bastos ou Miralem Pjanic se sont égarés dans des tâches de l’ombre, faute d’un milieu de terrain plus doué avec le ballon, plus porté vers l’avant. Il manque indéniablement un Gerrard à cette équipe, un Schweinsteiger, un Xavi. Un Juninho aussi, dont le départ n’a pas encore été comblé par l’émergence de Pjanic. Contre Liverpool, le Real Madrid et Bordeaux, la folle combativité lyonnaise, incarnée par Delgado, Toulalan ou Lloris, avait fini par prendre le dessus sur le talent adverse. Au physique, au mental, à la grinta. Ce soir, cela n’a pas suffi face à une équipe allemande décisive dans les deux surfaces, et assez vernie après les deux expulsions très sévères de Toulalan et Cris lors des deux confrontations. Au delà des approximations arbitrales, l’adage est certes daté, mais n’a rien perdu de sa force : les grands clubs ne meurent jamais. Le Bayern, quatre Coupes d’Europe des Champions, une Coupe d’Europe des Coupes et une Coupe UEFA au palmarès, appartient sans doute à cette caste. Il est désormais à 90 minutes d’une cinquième coupe aux grandes oreilles.

Pierre Laurent

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Deux visages. Ce soir, en huitième de finale retour de la Ligue des Champions, l’OL a alterné le pire et le meilleur contre le Real Madrid mais l’essentiel est acquis : Lyon sera à nouveau en quart de finale de la compétition après quatre années d’insuccès précoces contre l’As Rome, Manchester ou le FC Barcelone. Et cette qualification est incontestablement méritée.

Ronaldo, le Madrilène le plus dangereux / Reuters

L’année dernière à Barcelone (2-5), l’OL avait encaissé un but d’entrée et ne s’en était jamais remis, tiraillé entre l’envie de repartir de l’avant et la crainte des rapides contre-attaques adverses. Un danger équivalent se devinait mercredi soir d’autant que Lyon pouvait vouloir se reposer sur le maigre matelas du match aller, remporté 1-0. Et le scénario attendu se confirmait : Madrid mordait dans chaque ballon avec hargne et faisait reculer des Gones, battus dans les duels et évoluant bas, trop bas. A ce rythme, Lyon céda rapidement sur un but de Ronaldo, et faillit encaisser un deuxième but espagnol sur une frappe ou une tête d’Higuain, et semblait bien plus proche de l’élimination que des cages d’un Iker Casillas au chômage forcé.

Mais Madrid, ultra-dominateur, n’a pas su tuer le match, faute de réussite, faute aussi d’une certaine nonchalance à l’approche des buts d’Hugo Lloris. A 1-0 à la mi-temps, Lyon n’était pas éliminé et conservait toutes ses chances à condition de tenir la balle, de ne pas subir et de « tester » la défense espagnole, jamais prise en défaut jusque là.

Un scénario catastrophe à la mi-temps

A la reprise, la suite de la rencontre s’annonçait compliquée avec les sorties sur blessure de Makoun et Boumsong, remplacés par un Kim Kallström en manque de confiance depuis un moment et un Gonalons a priori un peu vert. Mais comme à Liverpool, les deux joueurs ont comblé à merveille les lacunes du bloc équipe, trop prudent jusque là. Gonalons, bien en jambes et agressif, a fait mieux que le Camerounais dans le jeu. Mieux encore, l’international suédois a su se muer en premier relanceur et organiser le jeu, alors que Pjanic semblait particulièrement inhibé. Plus solides derrière avec l’entrée en jeu de Toulalan, les Lyonnais ont surtout réussi à accompagner leurs attaquants avec un Pjanic évoluant plus haut, et donc plus dans son registre. En quelques minutes, dominé dans les duels et poreux au milieu, le Real Madrid est retombé dans ses torts, ceux d’une équipe au potentiel offensif effarant, mais au collectif d’argile…

L’OL a changé le cours du match

Les visiteurs, dominés lors des quarante-cinq premières minutes, semblaient avoir trouvé la clé du jeu madrilène. Après plusieurs tentatives avortées de peu -Delgado de la tête à la 49ème, Lisandro du coup du pied à la 55ème-, l’OL égalisa par Pjanic au terme d’une action collective bien huilée. A 1-1, en vertu du but inscrit à l’extérieur, Madrid allait devoir marquer au moins deux fois pour se qualifier. Mais ni Ronaldo, Kaka, Van der Vaart ou Higuain n’ont su s’extraire de l’efficace toile d’araignée lyonnaise. Le score aurait même pu enfler en fin de match, si Lisandro puis Delgado avaient cadré leurs tentatives… Lyon, souvent critiqué depuis le début de saison, voire moqué pour ses difficultés à battre un « grand d’Europe » en match aller-retour, tient son exploit. Moins brillants que la bande à Essien, Diarra ou Juninho, ces Gones étonnent par leur capacité à bien finir les matchs. Et leur domination tactique sur les 180 minutes est prometteuse.

Pierre Laurent