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Anelka devrait quitter l'équipe de France / DR

Limités face à l’Uruguay, défaits après le Mexique puis grotesques à la Une des médias, les Bleus ont montré un autre visage contre l’Afrique du Sud : celui de la déveine. L’équipe de France a connu hier un match catastrophique, perdu au final 2-1, un score qui ne reflète pas la domination évidente des Bafana Bafana. Bien sûr, l’expulsion grotesque de Gourcuff rappelle cruellement le destin des relégués à qui ne rien ne sourit, entre mauvais choix, absence de réussite et arbitrage défectueux. Évoluer à dix a évidemment contrarié les desseins français, tout comme le manque de vécu commun et de compétition des Squillaci, Cissé, Gignac ou Clichy, alignés hier. Mais Raymond Domenech et ses joueurs ne pourront pas se plaindre : la préparation calamiteuse, si moquée par les différents observateurs de la planète football, semblait augurer d’un tel résultat.

Trois éliminations au premier tour depuis 2002

Pourtant, il semblait difficile de faire pire qu’en 2002, où la France avait perdu deux rencontres, concédé trois buts, sans jamais nettoyer les lucarnes adverses. En huit ans, l’équipe fanion du football hexagonal aura connu trois éliminations au premier tour, mais ce Mondial sud-africain restera, plus que tout autre échec marquant, le symbole d’une faillite fédérale : la Fédération s’est incontestablement trompée en choisissant Raymond Domenech, l’homme de la discorde ; le Catalan s’est, lui, trompé en pratiquant un management conflictuel, alors qu’il aurait été plus habile d’arrondir les angles ; enfin, les joueurs ont trompé leur pays en doublant leurs lacunes sportives d’une arrogance nauséabonde. Il faudra bien du temps pour passer à autre chose et le pays se rappellera, même dans vingt ou trente ans, du comportement grotesque de ces Bleus, sur le terrain et en dehors.

Une nécessaire reconstruction

Mais la violence de l’échec permettra au moins à Laurent Blanc, le prochain sélectionneur, de repartir de zéro. Le chantier s’annonce immense, même si la Maison Bleue a du potentiel. Un potentiel entrevu lors de ce Mondial, notamment chez les -plus ou moins- jeunes : Lloris, Diaby, Toulalan, Malouda ont évolué à leur niveau, même si Diaby n’est pas encore installé dans cette équipe, faute de vécu sous le maillot tricolore. Laurent Blanc devrait pouvoir compter sur eux, en vue du prochain Euro, qui se profile, déjà, à l’horizon 2012. Pour le reste, de nombreux trentenaires risquent de mettre fin à leur carrière internationale : Henry, Govou, Anelka, Gallas, Abidal, pour ne citer qu’eux. Ces « cadres » au leadership surcoté devront être remplacés, mais des joueurs prometteurs frappent à la porte : Rami, Ciani, Trémoulinas, Gameiro, Kaboul, Briand, Cissokho, Corchia… Préparer l’avenir demande du temps, et Laurent Blanc n’y coupera pas : il devra bâtir et faire preuve de cohérence, ce que Domenech n’a jamais fait depuis le début des qualifications pour l’Euro 2008. Dans un premier temps, le sélectionneur cévenol pourra, à sa guise, s’appuyer sur le potentiel intact des Ribéry ou Evra, les meneurs contestés de la fronde après l’exclusion méritée de Nicolas Anelka. Mais il leur demandera, avant tout, une implication de tous les instants, la même grinta qui a tant manqué à ces Bleus durant le Mondial. Aussi, Laurent Blanc devra avant tout rompre les clans qui minent sa sélection : incontestable à Bordeaux, son autorité naturelle devra se confirmer sous le costume de sélectionneur national. En attendant, il lui faudra faire un état des lieux du groupe « France ». A lui de choisir, avec lucidité, les joueurs capables d’évoluer ensemble.

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